Les aliments bons pour la santé ne sont pas meilleurs au goût pour tout le monde : L'intuition : Bon pour la santé = Bon au goût

Année: 
2011
Type: 
Actes du congrès
Les aliments bons pour la santé ne sont pas meilleurs au goût pour tout le monde : L'intuition : Bon pour la santé = Bon au goût
Unhealthy Food is Not Tastier for Everybody: The « Healthy=Tasty » French Intuition
Résumé: 

Une recherche récente a démontré que les aliments mauvais pour la santé sont implicitement associés à bon goût (Raghunatan & al. 2006). Or, il y a des différences significatives entre français et américains dans la perception des aliments (Rozin 1999, Fischler and Masson 2008). Notre objectif est de vérifier si les associations implicites des français sont différentes et si elles ont une influence sur leur évaluation du goût et sur leur consommation alimentaire. Notre première étude démontre qu'une intuition opposée existe en France : « bon pour la santé » est implicitement associé à « bon au goût ». Par ailleurs, les résultats indiquent que le niveau de restriction alimentaire et l'indice de masse corporelle (IMC) peuvent potentiellement expliquer ces différences. En effet, il y a une plus faible association entre « bon pour la santé » et « bon au goût » pour les personnes en forte restriction alimentaire. De plus, nous avons trouvé une corrélation négative entre l'IMC et le temps de réponse du test d'associations implicites (IAT) : plus l'IMC est élevé, mois l'association « bon pour la santé » et « bon au goût » est forte. Notre deuxième étude a pour objectif de vérifier dans quelle mesure l'intuition française «bon pour la santé»=«bon au goût» influence la perception du goût. Les résultats d'une expérience montrent qu'en France, un aliment neutre décrit comme « bon pour la santé » est considéré comme meilleur au goût, apportant plus de plaisir et de meilleure qualité que quand le même produit est décrit comme « mauvais pour la santé ».

Abstract: 

Previous research demonstrated that unhealthy and tasty foods are spontaneously associated for American subjects (Raghunatan & al., 2006). There are significant differences in food perceptions between French and Americans (Rozin 1999, Fischler 2008), our objective is to verify if such differences impact the French implicit associations, taste evaluations and food consumption. Our first study demonstrates that the opposite intuition exists in France: healthy is spontaneously associated with tasty. Results indicate that level of dietary restraint and Body Mass Index (BMI) can potentially explain these differences. There was a weaker association between healthy and tasty foods for highly restrained eaters. Furthermore, we found a negative correlation with BMI indicates that the higher the BMI the weaker the implicit association between healthy and tasty. Our second study investigates how the « healthy = tasty » French intuition influences taste perceptions. Results of an experiment demonstrate that, in France, a neutral food when described as healthy is considered tastier, more pleasurable and of better quality than when it is described as unhealthy.